LE BRESIL DONNE UNE LECON DE REALISME A L'ARGENTINRE
Foot. Etincelante jusqu'ici dans la Copa America, la sélection albiceleste a craqué en finale (0-3).
Méconnaissable. Alors que son jeu léché avait fait merveille jusque-là dans la 42e Copa America - cinq victoires en cinq matchs -, l'Argentine a reçu une leçon de réalisme de la part du Brésil (0-3), dimanche, lors de la finale. Même si les Auriverde ont davantage été en place que géniaux. Car côté argentin, ni le petit tracteur Messi, ni le meneur de jeu aux chaussures de velours Riquelme, ni les autres stars n'ont été en mesure d'imposer leur tempo.
Pour l'Argentine, cette défaite est incontestablement un coup d'arrêt, alors qu'elle pensait avoir trouvé le bon amalgame entre jeunes et anciens joueurs. L'Albiceleste, qui court toujours après le moindre titre depuis 1993, n'a pu faire oublier une Coupe du monde 2006 en demi-teinte. En revanche, le Brésil, bien que battu en poule par le Mexique et accroché par l'Uruguay en demi-finale (2-2, 5 tirs au but à 4), a su prouver qu'il restait une machine à gagner malgré son Mondial allemand raté (défaite en quarts de finale face à la France) et l'absence de stars dans cette sélection. Ronaldinho, Kaká, Ronaldo, Adriano. Aucun n'a disputé cette Copa America.
Seule vraie star brésilienne présente au Venezuela, Robinho a enfin éclaté dans une grande compétition : meilleur joueur et meilleur buteur avec six réalisations. Pour le nouveau sélectionneur Dunga, très critiqué par la presse brésilienne après la défaite face au Mexique, l'objectif était principalement de «profiter des situations offertes à la sélection brésilienne». Autrement dit : le foot samba mis entre parenthèses, bonjour le réalisme.
Côté argentin, les gazettes n'ont pas été tendres avec leur sélection, qu'ils voyaient déjà couronnée. «Médaille des larmes», a titré le quotidien sportif Olé. «Nous ne méritions pas un finale comme ça. Nous étions tous amoureux de la sélection, mais elle nous a trompés contre le Brésil. Après la gifle, Basile doit rebattre les cartes et les redistribuer.» Face à des critiques très dures, cette «pire» défaite, selon Olé, a laissé la Nación sur sa faim. Mais «un jour, le cauchemar se terminera», a promis le quotidien. Ouf.